Introduction.
La diplomatie sportive, en son essence, exige une conduite habile de négociations internationales sophistiquées, la conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux complexes, ainsi que la gestion méticuleuse des aspects réglementaires inhérents aux événements sportifs transfrontaliers.
Ces manœuvres diplomatiques d’envergure portent d’importantes implications juridiques.
En effet, elles génèrent un cadre juridique multiforme, allant des obligations stipulées dans les traités internationaux aux réglementations rigoureuses sur la lutte antidopage, des contrats de sponsoring aux droits de diffusion, offrant ainsi au Royaume du Maroc un terrain complexe où il doit opérer en toute conformité avec les lois nationales et les normes internationales.
En outre, il convient de souligner que le concept de soft power, intrinsèquement lié à la diplomatie et à la politique étrangère, se conjugue naturellement avec la stratégie diplomatique marocaine. Cette conjonction engendre des considérations juridiques primordiales au cours de la mise en œuvre des stratégies de soft power, notamment en ce qui concerne la nécessité de respecter scrupuleusement les standards normatifs internationaux et les dispositions légales nationales. Le Royaume du Maroc, par sa maîtrise de ces enjeux juridiques complexes, consolide donc son statut sur la scène internationale en mobilisant non seulement ses capacités sportives, mais également son expertise diplomatique en vue d’atteindre ses objectifs stratégiques.
« Le sport rend la puissance sympathique et populaire. L’étalage de la puissance militaire fait peur, elle peut provoquer le rejet. Pas la victoire d’un sportif » [1].
Cette citation met en évidence la différence de perception entre la puissance sportive et la puissance militaire. Elle souligne que le sport a la capacité de susciter de la sympathie et de la popularité, tandis que la démonstration de puissance militaire engendre souvent de la peur et peut provoquer le rejet. Cela sert de point de départ pour comprendre l’importance du sport dans la société et son utilisation en tant qu’outil diplomatique.
Force est de constater que dans un monde globalisé et médiatisé, les États rivalisent pour faire avancer leurs intérêts, en utilisant deux approches distinctes, le « Hard power » et le « Soft power ».
Le « Hard power » [2] repose sur la puissance militaire et économique . Les États-Unis en sont un exemple marquant, bénéficiant d’une position dominante en tant que plus grande puissance militaire et économique au monde. Leur intervention en Irak en 2003 et leur déclenchement d’une guerre commerciale contre la Chine durant l’administration Trump en sont des illustrations notoires. De même, la Russie a fait usage du « Hard power » en envahissant l’Ukraine le 24 février 2022.
En revanche, le « Soft power » se caractérise par la capacité d’un État à influencer et à orienter les relations internationales en sa faveur, sans recourir à la coercition.
Son objectif est de projeter une image de paix, de culture raffinée, d’engagement envers le bien-être commun, ainsi que de succès sur les plans scientifiques et sportifs [3].
Depuis des siècles, le sport a transcendé les frontières géographiques et les barrières culturelles, devenant un langage universel capable de rassembler les peuples du monde entier. Au-delà de son aspect compétitif, le sport a également joué un rôle crucial dans les relations interétatiques, offrant aux États un moyen puissant de promouvoir leur image, de consolider leur influence et de renforcer leurs relations internationales.
Le sport, avec sa diversité d’aspects, trouve parfois sa place dans le domaine de la diplomatie, ce qui suscite à la fois des questionnements et un intérêt captivant. Ainsi, Le sport vise à établir des relations interétatiques et à ouvrir de nouvelles perspectives, en cherchant à tisser des liens et à explorer des voies inattendues.
Traditionnellement, la diplomatie évoque des arcanes gouvernementales, des négociations complexes et la résolution des conflits [4]. Le sport, quant à lui, ne semble pas être l’outil privilégié pour atteindre les objectifs diplomatiques majeurs.
La diplomatie sportive est un concept émergent qui se réfère à l’utilisation du sport comme un moyen de rapprochement entre les nations et de promotion d’intérêts communs. Elle s’appuie sur la capacité du sport à transcender les différences politiques et culturelles pour favoriser la coopération, le dialogue et la compréhension mutuelle. En exploitant les valeurs positives véhiculées par le sport telles que l’esprit d’équipe, le fair-play et l’excellence, les États cherchent à projeter une image positive et à renforcer leur influence sur la scène internationale.
L’histoire de la diplomatie sportive remonte à l’Antiquité, où les Jeux Olympiques de la Grèce antique servaient non seulement de plateforme pour les compétitions sportives, mais aussi de moyen pour les cités-états de renforcer leurs relations et d’exprimer leur puissance. Les victoires athlétiques étaient souvent utilisées comme un symbole de prestige et de supériorité, et les athlètes étaient considérés comme des ambassadeurs de leur nation [5].
Au fil des siècles, le sport est resté un outil diplomatique important, évoluant avec les changements politiques, sociaux et économiques. Au XIXe siècle, les rencontres sportives entre nations étaient utilisées pour promouvoir la paix et favoriser les échanges culturels. Cependant, c’est avec la création du Comité International Olympique (CIO) en 1894 par Pierre de Coubertin [6] que la diplomatie sportive a pris une forme institutionnalisée [7].
Les Jeux Olympiques modernes ont été conçus pour réunir les athlètes du monde entier dans un esprit de fair-play et de compréhension mutuelle.
Au cours du XXe siècle, la diplomatie sportive est devenue un instrument de pouvoir géopolitique majeur [8]. Les boycotts olympiques, tels que le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980 et de Los Angeles en 1984, ont été utilisés comme moyens de pression politique et de manifestation de l’influence des États. Les grandes compétitions sportives internationales, telles que la Coupe du Monde de la FIFA et les Jeux Olympiques, sont devenues des arènes où les rivalités politiques et géopolitiques se sont exprimées, avec des pays utilisant ces événements pour affirmer leur suprématie et renforcer leur position sur la scène mondiale.
Pour comprendre la relation entre diplomatie et sport, il est nécessaire de se pencher sur quelques principes indéniables qui caractérisent ce dernier.
Tout d’abord, le sport est une langue universelle, un langage que nous partageons tous. Le corps humain, indépendamment des origines, des croyances et des talents individuels, trouve sa vigueur dans l’activité physique. Il transcende les frontières, les clivages politiques et les barrières religieuses pour créer une base commune.
C’est cette spécificité du sport qui alimente le dialogue informel, nourrissant ce niveau de diplomatie subtile. Bien qu’il ne soit pas un facteur décisif dans la politique étrangère d’un État, il peut certainement être utilisé à des fins coopératives, tel un catalyseur d’harmonie.
Dans l’arène des relations internationales, la diplomatie sportive émerge comme une stratégie habile permettant aux pays de marquer des points sur l’échiquier géopolitique. À l’instar d’une compétition sportive, les États utilisent le pouvoir du sport pour renforcer leur influence et remporter des victoires symboliques. La diplomatie sportive repose sur le concept du soft power, c’est-à-dire la capacité d’un pays à attirer et à influencer les autres par le biais de sa culture, de ses valeurs et de ses réalisations [9]. En alignant astucieusement le jeu du soft power avec les opportunités offertes par le sport, les pays peuvent obtenir des avantages géopolitiques significatifs.
Dans le cas du Maroc, un pays disposant d’une histoire riche et une présence importante sur la scène sportive aux niveaux régional, continental et international, la diplomatie sportive et le soft power ont joué un rôle crucial dans sa stratégie de promotion de son image à l’échelle internationale. En accueillant des événements sportifs majeurs, en soutenant ses athlètes, en développant des infrastructures sportives de classe mondiale et en participant à des compétitions sportives d’envergure mondiale tout en rapportant de nombreux titres, le Maroc cherche à projeter une image positive et à consolider son influence au niveau de la communauté internationale.
L’étude de la diplomatie sportive offre un aperçu fascinant des moyens par lesquels les États peuvent utiliser le soft power du sport pour promouvoir leur image, consolider leur influence et renforcer leurs relations internationales. Le cas du Maroc servira d’exemple concret pour illustrer comment un pays peut profiter efficacement du sport dans sa stratégie diplomatique. Il est donc essentiel d’examiner de près cette discipline complexe afin de mieux comprendre comment les États peuvent se mettre aux prises dans l’arène mondiale en tirant pleinement parti du sport power.
Au croisement de la diplomatie, du soft power et du sport, une question fondamentale se pose : dans quelle mesure la diplomatie sportive du Maroc contribue-t-elle à renforcer son soft power et à obtenir des avantages géopolitiques sur la scène internationale ?
Cette problématique, ancrée dans un contexte global où le sport occupe une place prépondérante, puise son essence dans l’étude de cas du Maroc. En se penchant sur le rôle spécifique du Maroc dans cette dynamique, il s’agit d’analyser comment ce pays a su naviguer habilement dans l’univers de la diplomatie sportive et du soft power.
Cette étude se concentre sur le cas du Maroc, un pays qui a adopté avec détermination la diplomatie sportive comme une arme stratégique pour renforcer son influence géopolitique.
Le Maroc a su reconnaître la puissance de l’univers sportif pour promouvoir sa culture, améliorer son image internationale et développer des relations diplomatiques fructueuses.
En s’appuyant sur une longue tradition sportive et une passion nationale pour le sport, le Maroc a su exploiter les opportunités offertes par la diplomatie sportive pour marquer des buts géopolitiques et hisser le drapeau national sur la scène internationale.
Sommaire.
Les fondements de la diplomatie sportive
Définition et principes du jeu diplomatique sportif
Les stratégies et tactiques de la diplomatie sportive
Le Maroc sur le podium de la diplomatie sportive
Le Maroc en tant qu’acteur de la diplomatie sportive
Les défis de la diplomatie sportive au Maroc
Conclusion.
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