Les slasheurs dans le monde du droit ouvrent le champ des possibles. (4ème épisode)

La touche "slash" sur votre clavier, vous connaissez. En codage informatique, on dit que c’est celle qui "distingue les différents dossiers d’un chemin".
Un même chemin, différents dossiers, en voilà une belle définition pour celles et ceux qui ont fait le choix d’exercer deux (ou plus) activités rémunérées en même temps et d’être juriste / "mais pas que" !
Selon une étude récente, les Bac + 3 et Bac +5 (toutes disciplines confondues) seraient respectivement 24 % et 27 % à vouloir devenir « slasheurs » [1].
Ce temps de travail partagé fait-il partie des axes de transformation des métiers du droit [2] ? Pour le savoir, nous vous proposons les témoignages de ceux qui ont fait ce choix de vies professionnelles au pluriel.
4ème témoin de cette chronique : Dimitri Kernel, Juriste d’entreprise [3] / Chargé d’enseignements à la faculté de droit [4], et Dirigeant d’une agence de communication pour avocats. [5]

Village de la Justice : Pourquoi exercer plusieurs métiers en même temps ? Quelle est votre motivation ?

"Être slasheur concrétise mon souhait de diversité professionnelle et de richesse de compétences. Chacun de mes métiers a ses spécificités et enjeux propres : le monde de l’entrepreneuriat, celui de l’entreprise, celui de l’enseignement. Les interlocuteurs sont également très différents : avocats clients, étudiants, collègues salariés. Cette variété est source d’épanouissement au travail et de dynamisme. Je suis convaincu qu’une belle carrière peut être menée sur plusieurs fronts."

Comment le gérez vous matériellement ?

"Je suis juriste d’entreprise salarié à temps plein. J’ai l’avantage de prendre les transports en commun (TGV) pour me rendre sur mon lieu de travail principal et ainsi pouvoir consacrer, pendant ces trajets, plus d’une heure par jour à mes deux activités secondaires. Évidemment, si besoin est, en cas de surcharge temporaire, je peux être amené à travailler en soirée ou le week-end."

Quels en sont les bénéfices ?

"Mes trois activités professionnelles sont parfaitement complémentaires : c’est là le principal bénéfice. Tout d’abord, elles sont toutes liées au droit. Je peux en effet être amené à enseigner une discipline, puis à l’exercer en tant que juriste d’entreprise, ou inversement. La veille juridique est le meilleur exemple : elle fait partie des tâches du juriste et de l’enseignant et est aussi essentielle pour l’activité de community management des avocats.

"Mes trois activités professionnelles sont parfaitement complémentaires : c’est là le principal bénéfice."

Par ailleurs, mes activités sont également complémentaires dans la mesure où elles exigent des qualités similaires. Par exemple, un bon juriste se doit de faire œuvre de pédagogie quotidiennement, qualité requise pour un enseignant mais aussi un communicant.

Enfin, l’entreprise au sein de laquelle je travaille (en tant que juriste) étant une coopérative d’activités et d’emplois s’adressant à des entrepreneurs, être moi-même entrepreneur facilite mon quotidien de conseil au service de ces derniers."

Est-ce passager et opterez-vous pour l’un ou l’autre ou en faites-vous un choix pérenne ?

"C’est un mode de vie professionnel assumé et que je désire pérenne. Toutefois, il se peut qu’à l’avenir certaines de mes activités évoluent à la marge ou encore que je me lance dans quelque chose de complètement nouveau (qui sait, on a qu’une seule vie !).

Juriste, vous n’êtes pas soumis à la déontologie de l’avocat ; pour autant à quelles limites "éthiques" pouvez-vous être confrontés ?

"Je ne suis en effet pas soumis à des règles déontologiques. Toutefois, je veille bien évidemment à respecter les diverses obligations pesant sur moi en tant que salarié (loyauté, non concurrence, etc.). Pour que mes activités cohabitent au mieux, la transparence et la bienveillance vis-à-vis de mes employeurs sont de mise.
Par chance, je n’ai jamais connu de situation de conflit impliquant un cabinet d’avocats, client de mon agence de communication, intervenant en parallèle dans un dossier que je porte en tant que juriste d’entreprise.
J’ajouterai que je suis amené à respecter les règles déontologiques des avocats lorsque je gère leurs réseaux sociaux. "

Prochain épisode dans quelques jours, à la rencontre d’un juriste/... ? Patience !

Et si vous êtes aussi slasheur et que vous souhaitez faire part de votre expérience, n’hésitez pas à nous contacter à cette adresse : nathalie chez village-justice.com

Notes :

[2Des axes évoqués lors du Rendez-vous des Transformations du droit en novembre 2020.

[3Société SmartFr

[4Université du Littoral Côte d’Opale

[5La Plaidoirie.fr, qu’il gère en auto-entrepreneur.

Propos recueillis par Nathalie Hantz
Rédaction du Village de la Justice

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