Marie Depay,
Rédaction du Village de la Justice.

 
 

Lancement de l’Observatoire 2020 du Handicap dans la profession d’avocat... et de juriste.

Le handicap reste un sujet tabou que ce soit au moment des études initiales ou dans le cadre professionnel et le monde juridique n’échappe pas à cette problématique... D’où l’initiative d’un collectif de professionnels du droit, devenu association durant l’été 2019, de mettre en lumière le handicap dans la profession et de convertir la filière droit à l’heure H comme Handicap afin de donner à tous, étudiants comme professionnels handicapés, la possibilité de révéler leur talent ! Cette association, à but non lucratif, propose entre autre un programme d’accompagnement pour les étudiants en droit en situation de handicap pour qu’ils réussissent leur cursus et intègrent en plus grand nombre le marché de l’emploi.

Régulièrement, l’association "Droit Comme un H" (DCH) organise des événements pour sensibiliser le monde du droit à cette problématique.
En juillet 2020 elle annonce le lancement du 2ème "Observatoire du Handicap dans la profession d’avocat" et extrapole aux Directions juridiques.

La Rédaction du Village soutient l’initiative de cette association dynamique et c’est l’objet de cet article.

Seconde enquête annuelle sur le Handicap dans la profession d’avocat.

L’enquête est lancée par voie électronique auprès des 150 premiers cabinets en France, mais devrait avoir le relais du Barreau des Hauts de Seine - partenaire de Droit comme un H ! - mais aussi du Barreau de Paris et de la conférence des Bâtonniers , permettant ainsi d’ouvrir le sondage à un plus large panel. Vous pouvez y participer vous-mêmes, lecteurs du Village, ici.

La structure retenue pour ce questionnaire permet à chaque répondant de réaliser un état des lieux de sa pratique et des coûts actuellement supportés par les cabinets, leur connaissance du nouveau dispositif mis en place à compter du 1ier janvier 2020, consécutif à l’adoption de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui a réformé en profondeur l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) pour envisager un effort réaliste pour les années à venir.

Les résultats seront publié à la rentrée 2020, ne tardez donc pas à participer.

La réponse à ce questionnaire est d’ailleurs un préalable à l’obtention du premier niveau du Label TousHanRobe lancé par l’association en novembre 2019 afin de mettre en valeur les cabinets engagés dans l’accueil des talents en situation de handicap.

Les directions juridiques sont aussi interrogées en parallèle en 2020.

En collaboration entre le Cercle Montesquieu, Atorus Executive et Droit comme un H ! - dont l’un des membres de création était l’Association Française des Juristes d’Entreprises AFJE – il a aussi été possible de mettre en place une enquête permettant d’évaluer les pratiques des directions juridiques des entreprises en matière de handicap avec la même volonté bienveillante de réaliser un état des lieux et de fixer un point de départ pour progresser. Car les directions juridiques et fiscales des entreprises commencent aussi à s’engager. Pour preuve, les directions juridiques de Tereos et de Pernod Ricard sont devenues adhérentes de Droit comme un H ! en 2020.
L’enquête pour les Directions juridiques est ici.

Présentation de l’association "Droit comme un H".

Une enquête réalisée en avril 2018 par le Défenseur des Droits en collaboration avec la Fédération nationale des unions de jeunes avocats (FNUJA), intitulée « Conditions de travail et expériences des discriminations dans la profession d’avocat en France » [1] (voir à ce sujet notre article), montrait que la discrimination n’épargnait pas la profession d’avocat. Mais, parmi les causes de discrimination l’enquête n’abordait pas celle liée au handicap, or elle existe bel et bien d’où l’importance de l’existence d’associations telles que "Droit comme un H".

Comme nous l’explique Stéphane Baller, avocat et co-initiateur de l’association, cette dernière est constituée par "des femmes et des hommes de bonne volonté", acteurs du monde du droit.

Le programme "Droit comme un H" se déroule en plusieurs phases ; dans un premier temps, il s’agit d’épauler, d’accompagner de façon appropriée les étudiants en droit en situation de handicap tout au long de leurs études et jusqu’à l’obtention d’un poste dans leur domaine de compétence.

Pour ce faire, un réseau de solidarité a été constitué en vue d’identifier les candidats pouvant bénéficier de ce programme d’aide sous la forme de coaching, de mentorat, de prises de cours... au sein de leur faculté d’enseignement.

"La filière droit ne doit plus se priver des talents des personnes en situation de handicap !"

Pour chaque rentrée universitaire, le collectif mené par Stéphane Baller souhaite identifier une dizaine de candidats pour des niveaux allant de la L2 au M1, avec des dossiers académiques solides, un bon niveau d’anglais et un intérêt pour le conseil aux entreprises. En cela il s’appuie sur un certain nombre de missions handicap et sur l’association Droitpluriel.

Dans un second temps, le programme apporte son soutien auprès des cabinets et entreprises qui feront le choix de prendre en stage, en alternance ou d’employer ces juristes en situations de handicap.

En parallèle, le programme propose des ateliers pour former les coachs (surtout des étudiants) qui accompagneront les étudiants en situation de handicap dans leur Université ainsi que les mentors qui les conseilleront tous les mois sur leur gestion de carrière. Selon Stéphane Baller, "la pérennité et la transmission de ce type de projet passe par une impulsion forte du management et un travail sur le modèle économique du cabinet."

A la question des supports financiers, institutionnels (…) et soutiens de ce programme, Stéphane Baller répond : "notre énergie et nos amis !". En effet, c’est à titre personnel que ces professionnels agissent en offrant du temps de coaching, d’accompagnement, de recherche de partenaires pour les stages, de temps avec le CNB pour faire aménager les programmes, avec les IEJ et les missions handicap pour détecter des talents en situation de handicap.

Stéphane Baller précise que "le programme a pour objectif d’identifier des « role model » (NDLR : modèle de référence) qui durant leurs stages comme dans leurs études montreront à quel point le monde du Droit peut apprendre du handicap et travailler avec des collaborateurs qui sont comme les autres.
Il faut donner la possibilité à l’écosystème du marché du droit d’accueillir ces personnes en situation de handicap. La filière droit ne doit plus se priver de ces jeunes talents du fait d’une absence de visibilité et d’accompagnement de ces derniers.
"


Il est heureux de constater que le monde du droit s’empare de la question du handicap en son sein et le fasse au grand jour, car bon nombre d’étudiants en droit, de juristes, notaires, avocats... ont eu à pâtir (et souffrent encore) d’enseignements, de locaux inadaptés voire inaccessibles à leur situation spécifique ; de camarades, de confrères, de collègues non sensibilisés à leur accueil dans un cadre professionnel [2].

Vidéo présentant l’association à regarder et/ou écouter ci-dessous (vidéo sous-titrée) :



Etudiants, facultés, cabinets, entreprises... si vous souhaitez prendre part au programme La filière droit à l’heure "H", contactez l’association :
- sur le site : https://www.droit-comme-un-h.com
- par e-mail : stephane.baller.handicap chez gmail.com,
- par téléphone : 06.15.26.15.01,
- par l’appli Wix à télécharger ici.

Retour sur l’étude 2019 sur le handicap dans la profession d’avocat.

Menée d’avril à juillet 2019 auprès des 152 premiers cabinets d’avocats en France par les effectifs, l’étude de l’association "Droit comme un H" a pour objectif de déterminer les raisons pour lesquelles la profession d’avocats, et plus largement les métiers du droit, sont si peu mobilisés pour intégrer des collaborateurs en situation de handicap.

Même si l’étude dans cette première édition n’a obtenu que très peu de retours (11 cabinets ont répondu à l’enquête), elle était riche d’enseignement et mérite que l’on y prête attention.

Il ressort de cette enquête que :
- les cabinets d’avocats ont peu d’opportunité de recruter un.e avocat.e en situation de handicap, et lorsqu’ils en recrutent c’est un peu par hasard.
- Ils sont prêts à investir pour faciliter l’insertion de ces personnes "différentes" d’autant que cela va dans le sens de la RSE pour laquelle ils réalisent des actions concrètes.
- Les cabinets aimeraient bénéficier d’une aide et/ou d’un suivi des processus de recrutement de candidat.e.s en situation d’handicap pour améliorer leur politique interne en ce domaine.

Visionnez l’enquête ci-après :

Le 19 novembre 2019, lors de son petit déjeuné d’automne, l’association a restitué les résultats de l’enquête et annoncé de la création du label DCH.

Notes :

[1Lien vers l’enquête réalisée par le Défenseur des Droits : https://www.defenseurdesdroits.fr/f....

[2Lisez à ce sujet le témoignage positif de Virginie Delalande, juriste, recueilli par la Rédaction du Village de la Justice.

Marie Depay,
Rédaction du Village de la Justice.

Recommandez-vous cet article ?

Donnez une note de 1 à 5 à cet article :
L’avez-vous apprécié ?

30 votes

A lire aussi dans la même rubrique :

Sur le Village de la Justice aujourd'hui...


139 870 membres, 18736 articles, 125 647 messages sur les forums, 2 450 annonces d'emploi et stage... et 2 430 000 visites du site le mois dernier. *

L'interview >

Vers un statut d'avocat en entreprise ? Entretien avec Raphaël Gauvain.

Focus sur >

10ème concours des "Dessins de Justice" : découvrez les gagnants 2020 !




LES HABITANTS

Membres
PROFESSIONNELS DU DROIT
Solutions
Formateurs