Aujourd'hui sur le village... 41413 membres, 2802 articles, 4542 sites sur l'annuaire, 114400 messages sur les forums, 1338 prestataires...

VILLAGE DE LA JUSTICE
www.village-justice.com

Le site leader de la communauté des professions du droit :
Emploi, Actualités, Forums et échanges, Annuaires, Gestion professionnelle...


Adresse de cette page :


Version imprimable

Dans la même rubrique :



A voir aussi sur le village :
- Les annonces d'emploi
- Les forums d'entraide et de discussion



Les articles les mieux notés en ce moment :
1
La publicité des marchés publics, par Aloys Sarlandie de la Robertie, Doctorant en droit.
2
Le licenciement pour une cause tirée de sa vie personnelle, par Michel Ribas
3
La rupture conventionnelle du CDI - Loi n° 2008-596 du 25 juin 2008, par Servane Billot
4
La rupture du contrat de travail par consentement mutuel, par Alina Paragyios, Avocate
5
Coluche, brève histoire d’un contentieux, par Boris Khalvadjian, Docteur en droit
6
La signification des actes judiciaires au sein de l’union : prudence face à la compétence territoriale de l’huissier ! Par Cédric Küchler, avocat
7
Annulation d’une décision déclarant une opération de concentration incompatible avec le marché commun et indemnisation du préjudice subi, par Naguin Zekkouti, Doctorant
8
La démission du salarié : ses conditions et ses effets par Vincent Collier, Avocat.
9
Droit des sociétés : "La nouvelle SARL", par Servane Billot
10
Le préavis en cas de licenciement, par François Taquet, Avocat.
Publication : 15 septembre 2008

Réflexions autour de la réforme de la justice et du désengorgement des tribunaux, par Damien Sadi, Doctorant

Il est parfois nécessaire de revenir aux sources du droit pour moderniser celui-ci. C’est sans aucun doute ce qu’il faut retenir des propos de l’actuel ministre de la Justice, Madame Dati, qui entend conférer une once de modernité à la justice française en reprenant l’idée de Portalis, matrice de notre Code civil, selon laquelle « le juge n’est là que pour dire le droit lorsqu’un contentieux l’exige ».
1214 lectures
Donnez une note à cet article :
(note pondérée en fonction du nombre de votes : 3.63 - 11 votes)

Las des interventions superflues des magistrats dans des domaines parfois plus administratifs que judiciaires, la commission Guinchard, à laquelle les propos de Madame Dati font suite, souhaite recentrer l’activité du juge, exclusivement et pleinement, dans le judiciaire.

Exclusivement, en ce qu’il n’appartiendrait plus aux tribunaux de s’intéresser à tout ce qui se situe en amont du contentieux, c’est à dire de tout ce qui ne consisterait pas à « régler un litige », selon l’actuel Garde des Sceaux. Aussi la vérification des consentements des époux en cas d’adoption ou encore de procréation médicalement assistée demeure une tâche purement juridique pouvant utilement être confiée au notaire en raison de son statut d’officier ministériel.

Pleinement, en ce que « régler » un litige ne veut pas nécessairement dire « trancher » un litige mais parfois solutionner un contentieux à l’amiable. Et l’on conviendra que la médiation familiale est sans doute l’institution la plus apte à exercer une telle mission. La rendre obligatoire lorsqu’une décision de justice a déjà été rendue apparaît donc comme une réforme salutaire.

Pour autant, « désengorger » n’est pas « déjudiciariser ». La commission Guinchard n’hésite pas à le rappeler à travers le divorce par consentement mutuel en se prononçant, après les vifs débats ayant animé le sujet, contre un divorce devant notaire, que celui-ci prononce le divorce ou constate simplement le consentement des époux. Bien plus que l’impartialité douteuse dont pourrait faire preuve le notaire, la commission avance que c’est surtout la place du mariage qui pourrait être remise en cause, puisque selon une partie de la doctrine, celui-ci nécessite l’intervention de l’Etat dans sa formation comme dans sa dissolution. L’on s’interrogera alors sur le bien fondé de l’autre point clé de la réforme prévoyant la nécessaire conclusion du PACS devant l’officier d’état civil. La réforme voudrait-elle protéger l’institution du mariage tout en prévoyant une disposition renforçant la légitimité de son concurrent direct ? Ne pas contractualiser le mariage pour institutionnaliser le pacte civil de solidarité aboutit à la même conséquence à savoir, reconnaître la même nature à deux formes d’union d’essence profondément différente.

Quoi qu’il en soit, les parties pourront désormais soumettre au juge les documents attestant de l’intégrité de leur consentement et de l’équilibre de la convention. Certes, le juge conserverait son rôle de vérifier les éléments sus évoqués, soit s’il l’estime nécessaire, soit à la demande de l’une des parties, soit en présence d’enfants mineurs à moins que la preuve soit rapportée que ceux-ci aient été avertis de leur droit d’être entendu par le juge et qu’ils ne l’aient point manifesté.

Il est alors permis de s’interroger sur le point de savoir si cette intervention facultative du juge n’engendrera pas l’effet pervers de transformer le divorce par consentement mutuel en « divorce par consentement déguisé » derrière lequel un accord fantôme des époux masquerait un consentement altéré, indécelable à travers un écrit, mais que le juge aurait pu détecter à travers une audition imposée par la loi.

En soi, l’intervention obligatoire d’un officier ministériel n’aurait-elle pas apporté plus de sécurité que l’intervention facultative d’un juge ? Le résultat engendré serait aussi le désengorgement des tribunaux et surtout, conforterait la réforme dans son objectif d’être porteuse de plus de « lisibilité, de rapidité et d’efficacité », sans que cela soit, peut-être, au détriment de la sécurité.

Damien Sadi, Doctorant

La rédaction du village

Sources :

• Entretien avec Rachida Dati, « La deuxième phase de la réforme de la justice se met en place », Revue Lamy Droit civil, n° 52, septembre 2008, p. 51, 52.

Rapport de la commission Guinchard


Les rubriques du Blog du Village :

Vous aussi écrivez ici :

Soyez lu sur le village (400.000 visiteurs/mois, 36.000 abonnés à la lettre email) et visible sur Google en une heure !

Cliquez ici pour publier votre article



AVOCAT EN FRANCE ?

Bénéficiez d'une équivalence de 3H de votre formation obligatoire en publiant ici !
Plus d'infos ici.

Remarques :
- La rédaction du village vérifie chaque article avant publication pour vérifier qu'il est suffisamment bien écrit (pas de fautes, compréhensible, etc) pour être publié, et en accord avec la thématique du site, mais ne s'engage pas à contrôler le fond de la contribution.
- Le village de la justice décline toute responsabilité sur le contenu de l'article; les opinions et avis des auteurs n'engageant pas le village de la justice, et ne constituant en aucun cas des consultations juridiques.
- Les droits d'auteurs restent en la possession des auteurs, qui n'accordent au Village qu'un droit de publication sur ce site.


Le village de la justice est le premier site de la communauté des juristes depuis 1997.
Avocats, juristes d'entreprises et de cabinets, magistrats, étudiants, notaires, huissiers, experts et conseils
y trouvent de nombreuses informations et participent à la communauté, s'informent, établissent leur réseau, recrutent...

Fil RSS 2.0 du village accessible ici | Plan du site | Editeur - Publicité

... un site ...