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• 6ème Salon juridique de l’Internet et du numérique : le programme est en ligne.




Comment un simple univers virtuel créé en 2003, dénommé Second Life (SL pour les intimes), a-t-il pu attirer des cabinets d’avocats tels que Davis LLP (cabinet canadien), Greenberg & Lieberman (cabinet américain) et Field Fisher Waterhouse (cabinet anglais). Simple phénomène de mode ou réel intérêt économique ? Enquête auprès de ces avatars juridiques, pour comprendre les envies de s’offrir une seconde vie....
Pour éclairer cet engouement, il faut savoir que Second Life n’est pas tout à fait un jeu. Il y circule une monnaie : l’argent Linden, convertible en argent réel. Qui dit argent, dit alors conflits d’intérêts potentiels, et possible nécessité d’un avocat... Les sources de conflit sur SL sont pléthores : protection du patrimoine, propriété intellectuelle, fiscalité des transactions, fraude aux enchères, droit du crédit, liberté d’expression... Et pourquoi pas envisager une crise financière liée à la monnaie Linden ?!
Les litiges sur SL ne se sont pas faits attendre, surtout lorsque l’avatar n’est autre qu’un vrai avocat en chair et en os. Marc Bragg, un avocat de Pennsylvanie, a attaqué l’éditeur de Second Life, Linden Lab, devant les tribunaux américains, pour cause d’expropriation de terrains virtuels. Linden Lab avait en effet gelé le compte de l’avocat procédurier, pour cause d’escroquerie... L’avocat avait trouvé une faille de sécurité dans le système d’enchères, et en avait alors profité pour revendre les terrains avec une plus grande plus-value.
SL, une source d’enrichissement sans cause ? Linden Lab a vite compris qu’il fallait créer son propre tribunal virtuel, pour éviter de perdre de l’argent dans des procédures coûteuses devant de "vrais" juges. SL vient alors de créer une procédure de résolution des conflits, pour tous les litiges d’un montant inférieur à 10 000 dollars US... D’où un terrain de plus en plus favorable aux avocats.
SL, serait-il un potentiel économique pour les cabinets d’avocats ?
5 millions d’euros auraient été échangés en mars 2007... Au-delà de ce chiffre prometteur, il n’est point étonnant de remarquer que les premiers cabinets d’avocats ayant créé leur avatar ne sont autres que des cabinets spécialisés en NTIC ou en Propriété Intellectuelle. Le bureau virtuel du cabinet Greenberg & Lieberman aurait gagné 20 000 dollars l’année dernière. Un chiffre d’affaires, certes très dérisoire pour le monde réel, mais impressionnant pour un bureau dont le local ne coûte rien...
Pour autant, le cabinet Field Fisher Waterhouse, qui s’est lancé dans l’aventure cette année, est étiqueté "full service", et n’est donc pas spécialement dédié aux nouvelles technologies. Du reste, cette initiative provient d’un de ses associés spécialisés en PI, David Naylor. D’après cet avocat, créer son bureau virtuel sur SL revient à prouver à ses clients que l’on comprend l’univers virtuel dans lequel évolue leur marché. Découvrons alors avec lui le potentiel marketing de SL...
SL, une nouvelle manne marketing ?
D’après une étude de CB News de 2007, les marques présentes sur SL sont perçues positivement. Ainsi, SL permettrait de renforcer le côté innovant des marques et créer de la proximité virtuelle. Mais si cela est vrai pour Nestlé, l’est-il aussi pour les avocats ? Difficile d’en juger sans tenir compte de la clientèle des avocats...
SL reste néanmoins un moyen facile de tester un nouveau logo, d’organiser un évènementiel original, de s’offrir une publicité raisonnable... Mais, certains cabinets ayant réfléchi à l’implantation d’un bureau virtuel, ont abandonné le projet, car d’après eux, SL n’a pas encore tout à fait prouvé sa valeur ajoutée par rapport à un simple blog. En effet, les outils virtuels et interactifs sont aujourd’hui nombreux. Ainsi, chaque cabinet peut avoir une stratégie "on line", sans pour autant aller se téléporter sur une île de SL.
Mais quid alors des "avocats-robots" ?
Un cabinet Sud Africain a réfléchi au concept d’"avocat-robot" (vous pouvez d’ailleurs aller visualiser leur pub ici), pour délivrer des consultations en ligne.
D’après ce concept, les avocats "robots" seraient chargés de répondre à des questions basiques, ne nécessitant pas de recherches particulières.
Derrière SL, se cache alors la problématique persistante des consultations en ligne. Car, après notre dernier édito sur les délocalisations en Inde, pourquoi ne pas envisager des délocalisations virtuelles ?
Marjorie RAFECAS
PS : nous attendons l’ouverture du Village de la justice sur SL... ;-)
Visiter le bureau virtuel du cabinet Davis LLP : http://slurl.com/secondlife/zurich%...
Visiter le bureau virtuel du cabinet Fiels Fisher Waterhouse : http://slurl.com/secondlife/depo%20...
Le blog du cabinet Davis LLP : http://www.davis.ca/en/blog/Video-G....
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